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  • La T.V.A. à 5.5% en restauration?

    Par Etienne Abrioux, le 25 juillet 2008

    Début Juillet, le Président de l'Umih (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) lance un appel aux professionnels pour organiser
    un grand rassemblement autour de la baisse de la T.V.A. en restauration.

    André Daguin souhaitant ainsi montrer son soutien à l'action annoncée par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, dans le cadre
    de sa présidence européenne sur ce dossier.

    Sur LCI, la ministre des finances Christine Lagarde, annonce que la Commission européenne avait bel et bien mis dans sa proposition de directive,
    la baisse de la T.V.A. en restauration.

    Pour elle, cette baisse de T.V.A. en restauration permettra "un peu d'égalité", car 11 pays ont déjà un taux réduit en restauration.
    Reste à convaincre les allemands et les danois, selon elle. Si elle étaient adoptée, la mesure pourrait être effective dès 2011.

    Voici quelques opinions sur le sujet:
    1) Alors qu'une évolution positive de la directive européenne est annoncé, Régis Bulot, PDG d'Auberges & Bistrots de France, estime qu'elle aura
    un "impact positif dans la salle et dans l'assiette, mais probablement pas sur l'addition".
    "Il faut le dire clairement, les restaurateurs ne pourront vraisemblablement pas la répercuter entièrement sur le prix. En revanche, cela leur permettra
    de ne pas les augmenter dans une période de hausses des matières premières. Cela leur donnera surtout l'opportunité de rénover leurs établissements",
    ajoute l'ancien Président international des "Relais & Châteaux" .
    "Cette baisse ne devrait pas créer beaucoup d'emplois, mais grâce à elle, les salaires devraient pouvoir augmenter afin d'attirer de nouvelles compétences.
    Actuellement, il y a 65.000 offres d'emplois non satisfaites dans l'hôtellerie restauration.
    Cette mesure, si elle se précise, est positive, mais elle arrivera tard et va surtout permettre de compenser les difficultés les plus aigües du secteur", conclut Régis Bulot.

    2) Jacques Borel rappelle qu'aux Etats-Unis, la T.V.A. n'existe pas. La restauration et l'hôtellerie sont taxés à la taxe locale dont les taux sont différents selon les Etats
    (qui varient de 3 à 8.50%), la moyenne étant de 5%.
    La différence de fiscalité et de charges sociales fait qu'en moyenne, la restauration américaine est de 20% moins chère que la restauration allemande, belge, britannique ou
    française, et que 1 repas sur 4 est pris en dehors du domicile contre 1 repas sur 7 dans les 4 pays mentionnés ci-dessus.
    En outre, précise Jacques Borel, "j'ai été restaurateur pendant 12 ans aux Etats-Unis, et l'on constate une grande différence de prix. Il y a 50 ans, 40% du coût était dans l'assiette et 20%
    représentaient les charges.
    Aujourd'hui, nous avons seulement 20% de produits dans l'assiette, mais 48% de taxes et de charges".
    La proportion a été inversée.

    3) Partant de la méthodologie utilisée en Allemagne par DEHOGA, qui regroupe tous les syndicats des hôtels et des restaurants allemands, qui a fait un sondage auprès de 5.000
    établissements, afin de savoir qu'elles seraient les répercussions de la baisse de la T.V.A. , une étude a été faite pour déterminer les taux d'élasticité en France.

    Qu'est-ce que l'élasticité?
    Si l'on parle d'une élasticité au taux de 1,5, cela signifie que si vous investissez 100 euros dans la baisse du prix, on obtient une hausse des ventes de 150 euros.
    Pour la France, après comparaisons avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, il a été retenu une hypothèse de taux d'élasticité de 1,10 pour la baisse des prix, de 0,25 pour la hausse des salaires,
    0,03 pour la formation et 0,05 pour les investissements.
    La baisse de T.V.A. peut créer des ventes supplémentaire de 8,40% à 14,10%. Ces ventes supplémentaires peuvent créer des emplois dans la profession et il y aura ensuite un effet multiplicateur.
    Mais pour que ces hypothèses se réalisent, il faut, pendant au moins 3 ans, que les entreprises du secteur de la restauration jouent à fond le développement de la profession
    grâce à la baisse des prix, de la hausse des salaires, de la formation et des investissements.
    Les professionnels doivent comprendre que la baisse de la T.V.A. est une dynamique d'activité et non une aubaine (provisoire) à encaisser des dividentes.

    4) Et la clientèle, pourtant au centre de la problèmatique, se sent-elle concernée par le débat sur la baisse de la T.V.A.?
    Beaucoup estiment qu'il doit y avoir une baisse de prix, même partielle. Si les restaurateurs n'entendent pas baisser leurs prix, les clients ne sont pas pour autant contre la mesure
    de baisse de la T.V.A., mais si l'on aborde la non-répercussion de cette baisse des prix, la clientèle dénonce le projet: si l'addition finale n'est pas allégée, "ce n'est pas réglo.
    Si ce n'est pas répercuté ni sur les prix, ni sur les salaires, alors c'est malhonnête", peut-on entendre.

    En conclusion, il faudra que dans son ensemble, la restauration sache communiquer clairement sur cette baisse de T.V.A., et surtout, fasse preuve de transparence sur les
    engagements pris en contrepartie.

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