-
Les français sont-ils de modestes consommateurs de glaces?
Par Etienne Abrioux, le 11 octobre 2008
Produits gourmands dont l'acte d'achat est le plus souvent impulsifs, les glaces représentent un marché de plus de 2 milliards d'euros dans l'exagone.
Pourtant, les français sont plutôt en froid avec ce dessert, ils n'en consomment en moyenne que 6 litres par personne et par an, contre 12 dans les pays d'europe du Nord et plus de 20 aux Etats-Unis.
A fin juillet 2008, les français ont mangé moins qu'en 2007, où les ventes avaient déjà été inférieure à 2006. De janvier à juillet, elles ont fondu de 2,9% en volume, mais gagné 1,8% en valeur!
Le marché des glaces est plutôt atone, ses ventes perdaient ainsi 0,3% en volume et 1,1% en valeur en 2005, après un été 2003 exceptionnel (+15% en valeur), suivi par une remise à niveau en 2004 (-14%).
Les français achètent deux fois moins de glaces que les italiens. Question de soleil et de chaleur, dira-t-on. Trop rapidement, d'ailleurs, car les scandinaves en consomment autant que les italiens, selon Christophe Loison, président du Syndicat des glaces et chargé de cette division dans le groupe Unilever.
S'il est vrai que le beau temps pousse les français vers les bâtonnets, cornets et autres bacs, jusqu'à augmenter les ventes de 30% en avril 2007, qui a été exceptionnel, indique Christian Millet, secrétaire général du Syndicat des Fabricants Industriels de Glaces (SFIG).
Cette légère fonte des glaces n'inquiète pas les glaciers, habitués à jongler avec la météo, d'avril à septembre, la consommation de glaces dépend à 98% du temps qu'il fait.
Plusieurs autres facteurs influent sur ce marché très disputé, le prix joue un rôle prépondérant (le Magnum peut se vendre jusqu'à deux fois plus cher en France qu'en Italie, apr exemple), et c'est dans la restauration et dans la vente en plein air, qui comptent pour 30% dans la consommation totale des glaces, que les prix sont les plus hauts et plus élevés que chez nos voisins.
En effet, malgré tous les efforts des industriels, "les français ne perçoivent toujours pas la glace comme un aliment, mais comme un produit de luxe", regrette Yves Rolland, PDG du laitier-glacier Rolland SAS, installé à Plouédern (Finistère).
Le marché français recèle un très fort potentiel de développement, Unilever gagne des parts de marché année après année. De 25% en 2006 à 28% au premier semestre 2008, il vise 30% l'an prochain.
Unilever, un leader fortement menacé!
Propriétaire des marques parmi les plus recherchées comme Miko, Carte d'Or, Magnum, Cornetto, Ben & Jerry's, le groupe Unilever a longtemps dominé le secteur.
Mais sa première place est désormais menacée par son challenger, Nestlé. Distancé après le rachat de Ben & Jerry's, le géant de l'agroalimentaire a rapidement réagi avec les acquisitions, entre 2001 et 2003, du numéro deux allemand, Schöller, du suisse Mövenpick et surtout du leader sur le marché américain, le groupe Dreger's.
Les glaces Nestlé en folie!
La Laitière, des innovations sur les bâtonnets et les bacs, Extrême et Mystère, une explosion de sensations, et toutes les glaces Smarties, Yoco et Nestea.
Le segment des barres glacées est largement dominé par l'américain Masterfoods, propriétaire des marques Mars, Bounty, Snickers, etc..., toutes déclinées en version glacée.
Häagen-Dazs, célèbre marque américaine fondée au début des années 60, rachetée en 1983 par Pillsburg, elle a rejoint en 2001 lors du rachat de ce dernier, le portefeuille de Général Mills.
Rolland et Boncolac, qui conservent par ailleurs leurs marques propres (Flipi et Pilpa). Ce sont des usines Boncolac que sortent notamment les glaces de Candia, d'Oasis et d'Orangina.
Le belge De Smet, qui a défrayé la chronique en introduisant des bâtonnets glacés vodka-citron et rhum-orange dont le degré d'alcool s'élève à 4,8°.
Pour séduire des consommateurs peu enclins à consommer des glaces, les marques ont réorienté leur image vers celle d'un produit sain. Les déclinaisons "light" de produits dont la consommation était naguère considérée comme une gourmandise et un excès, voient ainsi le jour.
Ainsi, seulement un an après la campagne publicitaire "Les septs péchés capitaux", Magnum sortait une version allégée avec 35% de matières grasses et 30% de sucre.
Mais les consommateurs ne troquent pas facilement leur goût des bonnes choses pour apaiser leur conscience. La part du marché du "light" ne dépasse pas les 3%.
Le parfum "crèmes brûlées" et "Le Craquant" de La Laitière, la gamme Carte d'Or réveille vos sensations reviennent sur ce segment qui a fait et continue d'assurer la fortune d'Häagen-Dazs.
Le SFIG vous présente toutes les informations que vous recherchez sur la fabrication des glaces, des sorbets et des crèmes glacées, cliquez ici.
(source GIRA Conseil,source SFIG, Les échos du 30/07/08 - article par Marie-Josée Cougard, Le journal du net du 30/08/06 - article par Séverine Leboucher et Ouest France du 02/08/08 - article par P.C.)

-
Noter cet article :
-
Commentaires :
Aucun commentaire pour le moment.
-
Ajouter un commentaire :
Pour commenter, vous devez vous identifier.
Pas encore de compte ? Créez un compte en moins de deux minutes !








